IR ou IS : quel impôt pour votre société freelance ?
SASU et EURL peuvent choisir entre l'impôt sur le revenu et l'impôt sur les sociétés. J'explique concrètement ce que ce choix change sur ce que vous gardez réellement.
Beaucoup de freelances qui passent en société me posent la même question : IR ou IS, et pourquoi ça changerait quoi que ce soit ? La réponse tient en une idée simple, mais avec des conséquences très concrètes sur votre revenu net.
La différence fondamentale
L'impôt sur le revenu (IR) et l'impôt sur les sociétés (IS) ne taxent pas la même chose, ni de la même façon.
À l'IR, les bénéfices de votre société s'ajoutent directement à vos revenus personnels et sont imposés selon le barème progressif (0 % à 45 %). C'est simple, mais potentiellement coûteux si les bénéfices sont élevés.
À l'IS, la société paie elle-même l'impôt sur ses bénéfices : 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice (taux réduit, sous conditions ; voir le détail sur impots.gouv.fr), puis 25 % au-delà. Vous n'êtes ensuite imposé personnellement que sur ce que vous vous versez réellement, en salaire ou en dividendes.
SASU : l'IS par défaut, l'IR en option temporaire
Une SASU est imposée à l'IS par défaut. Vous pouvez opter pour l'IR pendant 5 ans maximum (option irrévocable passé ce délai). Cette option est intéressante si vous démarrez avec des bénéfices modestes, ou si vous avez des déficits à imputer sur vos autres revenus.
À l'IS en SASU, vous vous rémunérez via un salaire (soumis aux charges sociales, déductible du bénéfice) et/ou des dividendes (soumis à la flat tax de 30 % ou au barème sur option).
EURL : l'IR par défaut, l'IS en option
L'EURL (SARL unipersonnelle) est à l'IR par défaut quand l'associé unique est une personne physique. Les bénéfices remontent directement dans votre déclaration personnelle.
Vous pouvez opter pour l'IS de façon permanente, un choix fréquent quand le CA dépasse 60 000 à 70 000 € et que vous ne souhaitez pas consommer l'intégralité des bénéfices chaque année.
Quand l'IS devient plus intéressant
L'IS est généralement avantageux quand :
- Vos bénéfices dépassent 42 500 € par an (taux IS réduit de 15 % contre des tranches IR à 30-41 %)
- Vous réinvestissez une partie des bénéfices dans votre activité plutôt que de tout vous verser
- Vous voulez piloter votre rémunération (salaire + dividendes) pour optimiser votre fiscalité globale
À l'IS, les bénéfices non distribués restent dans la société, taxés à 15-25 % : vous ne payez l'IR dessus que le jour où vous les sortez réellement.
La flat tax sur les dividendes
Si vous vous versez des dividendes depuis une SASU ou une EURL à l'IS, ils sont soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) de 30 % : 12,8 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux. Vous pouvez opter pour le barème progressif si votre taux marginal est inférieur à 12,8 %. Les dividendes ne génèrent pas de cotisations sociales en SASU, contrairement aux gérants majoritaires d'EURL : c'est un des vrais avantages de la SASU pour les hauts revenus.
En pratique, quelle structure pour quel profil
- Micro-entreprise, CA < 50 000 € : régime micro, IR, simplicité maximale
- EURL à l'IR, CA 50-80 000 € : déduction des charges réelles, IR progressif
- SASU à l'IS, CA > 70 000 € : optimisation salaire/dividendes, réinvestissement possible
- EURL à l'IS : alternative à la SASU, avec des cotisations sociales différentes (le gérant majoritaire reste TNS)
Ce sont des repères, pas des règles absolues : un expert-comptable peut simuler précisément l'impact selon votre situation familiale, vos charges et vos objectifs patrimoniaux. Ne tranchez pas ce choix seul si votre CA dépasse déjà quelques dizaines de milliers d'euros.